Aller au contenu
Accueil » Saint Nicolas culte à Nancy… à cause d’un petit doigt

Saint Nicolas culte à Nancy… à cause d’un petit doigt

Le vénérable évêque a beau être Grec et être né en Turquie il y a près de 2000 ans, on lui voue un culte chaque début du mois de décembre à Nancy. Tout cela à cause d’un petit doigt…

J’ai un souvenir qui raconte l’importance que pouvait avoir Saint Nicolas pour les petits Lorrains il n’y a pas si longtemps. Lors d’un reportage en Ukraine, peu d’années après la chute de l’empire soviétique, je pars à la rencontre d’un Lorrain oublié plus de 45 ans derrière le rideau de fer.

Il s’appelait Jean Munsch et il était originaire de Champigneulles, près de Nancy. Comme beaucoup de Français de son âge, il passe une partie de la guerre en captivité en Allemagne, sauf qu’à la Libération, au lieu de filer vers l’Ouest pour retrouver les siens, il prend la direction de l’Est et de l’Ukraine. La cause, c’est l’amour, Jean part rejoindre la jeune Ukrainienne qu’il a rencontrée en Allemagne.

Vite, le rideau de fer tombe et l’enferme jusqu’au milieu des années 90. Il était très ému de me rencontrer lorsque j’ai pu lui rendre visite dans son petit village entre Kiev et Odessa. Très vite, il a chanté :  » Saint Nicolas, mon bon patron, apportez moi des macarons… « , la chanson traditionnelle des petits Lorrains en attente de cadeaux. Ce lien avec son pays et son enfance était resté intact au pays des Soviets.

Saint Nicolas en pain d’épices

A Nancy, comme d’habitude, au début du mois de décembre, Saint Nicolas rend visite aux enfants dans les classes, un saint dans les écoles de la République, seul Saint Nicolas peut se permettre cela.

En ville, il faut acheter les Saint Nicolas en pain d’épices avec une gravure du saint collée sur le gâteau (le seul, le vrai). Pas question, à Nancy, de s’essayer au Jean Bonhomme (ou mannele), qui est clairement Alsacien. Il y a aussi des versions en chocolat rejetée par les puristes !

Le Saint Nicolas en pain d’épices, le seul, le vrai ! Photo Philippe SAUTER

Il n’y a pas si longtemps, disons une cinquantaine d’années, Saint Nicolas était, à Nancy, plus important que le Père Noël, beaucoup de petits Nancéiens recevaient leur cadeau le plus important durant la nuit de la Saint Nicolas, le 6 décembre.

En échange, de cette visite nocturne il était demandé aux enfants de laisser des carottes et du sucre pour l’âne qui portait les cadeaux. N’oublions pas le Père Fouettard, épreuve négative du saint homme, crasseux, grognant et maniant le fouet.

Le petit doigt de Saint Nicolas

Aujourd’hui, Nancy a fait de Saint Nicolas le prétexte d’une démonstration de force festive impressionnante qui dure maintenant 40 jours ! Avec en point fort et traditionnel le défilé du saint et du Père Fouettard toujours le week-end le plus proche de l’anniversaire du saint évêque.

Pour ceux qui veulent une fête plus authentique, il faut participer à la processions de Saint Nicolas à Saint-Nicolas-de-Port, à vingt minutes de Nancy, il s’agira, ce 7 décembre de la 778e procession organisée ainsi. Tout cela, depuis qu’Aubert de Varangéville, un noble lorrain ait fauché une phalange de Saint Nicolas dont les restes étaient déposés à Bari en Italie. Le morceau du saint doigt a été déposé à la basilique de Saint-Nicolas-de-Port où on lui voue depuis un culte fervent. Le soir de la procession, on ferme la basilique emplie de fidèles et des centaines de bougies sont allumées avant une sortie dans la cité.

C’est sûr que le Père Noël ne pèse pas lourd face à cela…

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *