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J’ai déjeuné à l’Auberge de l’Ill : mon avis

J’ai rendu visite au plus prestigieux des restaurants alsaciens. Des petits amuse-bouche au digestif, je vous raconte tout dans le détail.

L’histoire

L’Auberge de l’Ill à Illhaeusern, proche de Colmar, est autant un restaurant qu’une institution. Cela fait près de 150 ans, probablement un record en France dans la gastronomie de luxe, que la même famille, les Haeberlin, tiennent table ici au bord de l’Ill. La petite auberge où l’on dégustait les bonnes fritures de la rivière étant devenue un monument de la gastronomie française.

Le départ vers les sommets date de l’après-guerre, quand les frères Paul, en cuisine, et Jean-Pierre, en salle, reprennent l’affaire familiale. La première étoile Michelin est obtenue en 1952 jusqu’à la consécration en 1967 avec la troisième étoile. Marc Haeberlin a succédé à son père Paul en cuisine.

La salle, luxe, calme et volupté… Photo Philippe SAUTER

L’Auberge de l’Ill subit le tonnerre en 2019 avec la perte de sa troisième étoile et poursuit depuis cinq ans son chemin avec deux étoiles Michelin.

L’arrivée

L’Auberge de l’Ill est fréquentée, son parking aussi. Si c’est complet, on peut se garer sur le proche parking de l’hôtel. Ne pas se laisser impressionner par la Ferrari ou la Porsche qui vous voisinera.

L’accueil à l’auberge est toujours digne d’un trois étoiles. On est tout de suite pris en charge et conduit vers l’une des salles. Ne pas oublier de jeter un coup d’œil à la toile de Bernard Buffet à l’entrée.

En été et aux beaux jours, on aura droit à un apéritif dans le jardin, paradisiaque, au bord de l’Ill. A l’arrivée à table, on nous tire nos fauteuils, vue sur la rivière. Décoration, douce et luxe, sans reproche, à noter, tout de même le superbe rideau de cylindres cristallins qui sert de séparation.

Le rideau cristallin au cœur de la salle. Photo Philippe SAUTER

La commande faite, on vous apporte les premiers amuse-bouches. Mousse de cabillaud, œufs de poissons volants (!), wasabi et pain au romarin. Des petites introductions bien faites mais dépourvues de la fantaisie que j’ai constatée dans d’autres restaurants de cette catégorie ces derniers temps.

Par exemple, La Fourchette des Ducs à Obernai propose une carte gourmande de l’Alsace en amuse-bouches très ludique, et bonne.

Les amuse-bouches de la Fourchette des Duc à Obernai, reprennent en miniature, la carte gourmande de l’Alsace. Photo Philippe SAUTER
Une partie des amuse-bouches de l’Auberge de l’Ill. Photo Philippe SAUTER

On a choisi le menu  » Tradition  » à 188 € avec entrée, poisson, viande et dessert. Il est possible de commander le même menu à 153 € avec deux plats plutôt que trois.

En entrée, je ne résiste pas à la terrine de foie gras servie à la cuillère confit aux fruits de saison et Langhof toasté. Un grand classique de la maison. Ma voisine se régale, pour sa part, du homard breton, mille-feuille de céleri rémoulade à la pomme verte. Petit, mais délicieux…

On passe aux choses sérieuses avec le saumon soufflé  » Auberge de l’Ill « , l’un des très grands classiques de la maison confectionné ici depuis les années cinquante ! Un plat doux et finalement peu marquant mais que l’Auberge ne peut plus retirer aujourd’hui de sa carte, comme si l’on décrochait la Joconde du Louvre…

Le célèbre saumon soufflé. Photo Philippe SAUTER

Enfin, ce qui s’avérera le meilleur plat de ce déjeuner : Le filet d’agneau en habit vert, croustillant de patate douce aux épices et safran du Château. Un petit agneau d’amour qui se serait promené dans les prés et les forêts avant d’atterrir dans notre assiette. Délicieux !

Le filet d’agneau en habit vert. Photo Philippe SAUTER

Les desserts, poire caramélisée et chocolat Nyangbo en texture sont fins et équilibrés sans marquer à jamais les esprits. Tout se finit par un petit kirsch, hommage en digestif à l’Alsace des distillateurs.

Poire caramélisée et son chocolat. Photo Philippe SAUTER

En conclusion

Un déjeuner à l’Auberge de l’Ill mérite vraiment le détour. On est dans un monument de la gastronomie. Le classicisme des plats fait la renommée de la maison, c’est aussi ce qui lui a valu la perte de sa troisième étoile Michelin. C’est le restaurant des familles alsaciennes qui veulent marquer un occasion particulière, du petit moment exceptionnel dont on se souviendra longtemps.

Au final, l’addition, 567 € à deux, avec Mercurey et digestif, est costaude mais à la hauteur de la prestation fournie.

J’ai aimé

J’ai eu la chance de déjeuner ou dîner dans trois deux étoiles alsaciens cette année, La Villa Lalique à Wingen-sur-Moder et La Fourchette des Ducs à Obernai, (il en existe six en tout en Alsace mais plus de trois étoiles), je classe, sans l’ombre d’une hésitation, L’Auberge de l’Ill au dessus des deux autres. Probablement pour ce côté  » grande maison  » qui respire par tous les pores du restaurant.

Il faut aussi noter la qualité du service. A la fois décontracté et très pro, présent, mais jamais omniprésent, à tous moments du repas. On notera juste un rythme un poil élevé, peu de temps pour respirer entre les plats.

Je n’ai pas aimé

Deux choses néanmoins m’ont surpris. Lors de la prise de la commande, on nous demande, en début de repas, quel dessert l’on veut choisir. C’est vrai que c’est une nouvelle tendance mais une maison de cette qualité devrait rester fidèle à la tradition et prendre la commande des desserts à la fin du repas. D’autant que l’on n’a pas affaire à des desserts qui se prépare sur un temps long.

On peut emporter son pain, ou ce qu’il en reste ! Philippe SAUTER

Plus surprenant, le pain proposé durant le repas. Il s’agit d’une petite miche, côté blanc côté noir. Il est proposé aux client de repartir à la maison avec le reste de pain. A quand le foie gras à la cuillère ou le reste de saumon soufflé en doggy bag ?

Une petite balade digestive au bord de l’Ill… Photo Philippe SAUTER

Philippe SAUTER

2 commentaires sur “J’ai déjeuné à l’Auberge de l’Ill : mon avis”

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