Classer » Monument Historique » un restaurant vieux de cinq ans seulement, cela peut paraître saugrenu. Pourtant, ce bijou de design lié à Besançon est en danger et mérite une protection.
Cette fois, c’est probable, le restaurant » Le Parc » à Besançon, a de bonnes chances d’être repris. Paul-Emile Robinet, un investisseur de la région, pourrait prendre les rênes de l’établissement fermé depuis plusieurs mois.

On sait peu de choses des intentions de l’entrepreneur local. Il évoque néanmoins la possibilité, parmi d’autres, de transformer Le Parc en bar à cocktails ou de lieu privatisable. Rien ne l’empêche, en effet, de changer totalement le concept de ce restaurant, qui fut gastronomique, et faire table rase de toute la décoration.
Face à ces perspectives incertaines, Le Parc mérite une protection. Il ne s’agit pas, en effet, de n’importe quel restaurant. Il avait été créé à grands frais (on parlait de plus d’un million d’euros en travaux divers pour transformer ce qui était l’ancien office de tourisme de la ville) par l’investisseur Jocelyn Gelé, avant d’ouvrir ses portes en 2020. Le restaurant n’avait jamais pu décrocher l’étoile Michelin espérée, avant de tomber durant les denier mois de son activité dans une dégringolade qui avait accéléré sa fermeture.
L’aménagement intérieur était confié à la maison de design Ibride, connue pour ses meubles en forme d’animaux. Et c’est un petit chef d’œuvre de décoration qui a été créé à cette occasion, faisant du Parc l’un des plus beaux restaurants de l’Est de la France. Rachel et Benoît Convers, alors designers en chef d’Ibride, ont conçu un univers d’envolées d’oiseaux métalliques, de portraits animaliers et de marbres rares.
Deux points forts au Parc : le comptoir créé tout spécialement par la verrerie de La Rochère en Haute-Saône, la plus ancienne de France, mais aussi l’incroyable buffet de rangement central qui présente sur sa façade une reproduction en relief de la ville de Besançon.

Notons qu’Ibride est aussi une entreprise locale, basée à Fontain, près de Besançon. Elle exporte ses créations dans le monde entier. Le restaurant abrite une démonstration quasi unique de savoir-faire locaux de haut niveau. Un petit univers sans protection, et peut-être en danger, face aux différentes perspectives de reprise.
Alors pourquoi ne pas envisager d’inscrire Le Parc, au moins, à l’Inventaire des Monuments Historiques ? La proposition peut paraître surprenante pour un lieu qui a à peine cinq ans d’âge. Mais il n’y a pas de limite d’âge pour protéger un monument ou du mobilier. Il y a, par contre, une véritable pertinence à protéger ce lieu unique. Le bâtiment conçu par l’architecte bisontin Michel Demenge, en lui même, faisant déjà l’objet d’une petite protection avec son label » Patrimoine du du XXe siècle « .

C’est un peu tout le monde qui peut faire une demande de protection auprès de l’Etat, une collectivité, une association ou un propriétaire, voire la préfecture, elle-même. La Ville de Besançon pourrait, par exemple, être bien inspirée d’engager une procédure de protection pour ce qui pourrait devenir l’un des monuments remarquables de la cité, racontant l’histoire du design, mais aussi des entreprises locales qui l’ont créé.
Il s’agirait aussi d’une reconnaissance officielle, des savoir-faire locaux, ceux d’Ibride et de La Rochère.
Reste à savoir si les collectivités locales et autres intervenants possibles auront la réactivité nécessaire à la protection rapide d’un tel lieux. Rien n’est moins sûr…

Une démarche absolument nécessaire me semble-t-il.
Bonjour,
Je souhaite remercier Philippe Sauter d’avoir initié une action pour que le décor du restaurant Le Parc perdure pour la ville de Besançon.
Ce bel article appelle à une mobilisation…
Bonjour Rachel,
Je reste pessimiste. Je crains que le lieu que vous avez remarquablement conçu ne soit en réel danger.