Aller au contenu
Accueil » J’ai testé La Côte Saint-Jacques à Joigny

J’ai testé La Côte Saint-Jacques à Joigny

Le restaurant deux étoiles Michelin des bords de l’Yonne fête ses 80 ans d’existence et quatre générations pour faire vivre ce beau lieu. J’ai testé le restaurant et l’hôtel.

Pour le débutant que je suis, il y a cette première surprise à l’arrivée. Après l’accueil, c’est un restaurant où l’on descend. Logique, on est au bord de la rivière et la salle principale est, depuis, toujours, en bas, face à l’Yonne, invitée principale à notre table. Un petit coup d’œil, en sortant de l’ascenseur sur la brigade en plein travail en cuisine.

Belle table, belle vue, à part les meubles d’extérieur en rotin… Photo Philippe SAUTER

En fait de salles, il y en a deux. La principale est toute en lumière naturelle, ouverte par des verrières sur l’extérieur. Vieux carrelages noirs et blancs qui rappellent l’ancien établissement, bien transformé depuis 2023.

On est dans une vieille maison de restauration française, une institution qui fête en 2025 ses 80 ans d’existence et quatre générations de la famille Lorrain pour lui donner vie. A propos d’anniversaire, moins joyeux cette fois, cela fait aussi dix ans en 2025 que La Côte Saint-Jacques a perdu ses mythiques trois étoiles Michelin.

On ne déjeune pas sur la terrasse extérieure, dévolue, seulement aux beaux jours, aux brunchs du week-end. C’est un restaurant où, oh bonheur, on vous propose aussi bien des plats à la carte que des menus.

J’opte pour le plus modeste (façon de parler), le menu  » Découverte « , soit, tout de même, une entrée au choix sur la carte, deux plats, les fromages et un dessert. Le tout pour 225 € ou 318 € avec l’accord mets et vins.

Pour info, l’option maximum, le Grand Menu Jean-Michel Lorrain, propose une entrée, quatre plats (!), fromage et dessert, pour 305 €.

J’ai, personnellement, choisi des classiques de la maison,  » L’île flottante au caviar  » Persicus « , gelée d’ail noir et crème légère au raifort « , un plat spectaculaire à la vue, puis subtil en bouche, le caviar que l’on imaginait jouer les premiers rôles se tient plus modestement dans ce plat doux.

Pur bonheur, le homard au petits légumes. Photo Philippe SAUTER

On poursuit par la Blanquette de homard « pattes bleues » et légumes nouveaux, petits pois et shimeji (champignons japonais) un petit bonheur entre terre et mer dans lequel on a envie de se vautrer longtemps.

Ris de veau au gingembre, grand classique de la maison. Photo Philippe SAUTER

On aurait tort, car vient le dernier classique de la maison, le  » Ris de veau au gingembre, petits oignons rhubarbe et radis rose » : du ris cuit, caramélisé et préparé à la perfection.

Et puis, il y a ce bonheur tout simple, ce beau plateau de fromages, je choisis du tout bourguignon, Vezelay, Citeau, Tonnerre et Epoisse. Du bonheur et un petit sourire en coin quand la jeune fille chargée du plateau répond à la question  » D’où vient votre tome du Jura ?  » par un  » Ben, du Jura… « 

Glace à la rose en dessert. Photo Philippe SAUTER

Le dessert est aussi un classique de la maison : glace à la rose en tulipe croustillante et pétales de rose cristallisés. Pas franchement pop, mais agréable…

Clairement, le menu est à la hauteur de son prix et vaut ses deux étoiles Michelin. Le service est, généralement, très pro.

Alors ? Pourquoi ne pas retrouver ses trois étoiles d’antan ? Pour plusieurs détails, ceux qui empêchent d’atteindre le Nirvana Michelin.

Terrible déco à côté de la salle de restaurant. Photo Philippe SAUTER

En premier lieu, la décoration très bling bling années 90 qui a été choisie pour rénover les lieux, il n’y pourtant pas si longtemps. Gros lion doré et meubles en fer forgé… On est plus dans un univers de nouveaux riches russes ou chinois ou dans un salon de coiffure que dans l’ambiance d’une vieille maison gastronomique française. Et pourquoi avoir choisi ce mobilier très  » Jardiland  » pour la terrasse qui mérite vraiment un traitement plus privilégié, d’autant que l’on voit ces tables et chaises en faux rotin en première loge lors du déjeuner.

Comme un passage secret, le souterrain pour accéder du restaurant à l’hôtel. Photo Philippe SAUTER

Pour aller à l’hôtel, juste en face du restaurant, pas besoin de traverser la rue. Un souterrain aménagé sous la rue, comme un passage secret, permet de rejoindre sa chambre sans sortir de l’établissement. Le classement 5 étoiles est à la hauteur, le personnel est aux petits soins, la chambre est grande et bien aménagée.

Un petit bémol, quand même, pour la déco, même si elle s’avère moins offensive que dans le restaurant, et pour cette vue sur une toiture en tôle ondulée. L’hôtel dispose d’un spa et piscine haut-de-gamme qu’il faut prendre le temps d’essayer.

D’autant que Joigny est loin d’être une simple petite ville-étape. La cité est gavée de monuments et de maisons anciennes qui méritent une grande promenade. Et puis, il y a l’Yonne, celle du restaurant, qui poursuit son triomphe dans la ville. Joigny mérite un article. Ce sera pour plus tard…

Le genre de façade en bois, vieille de près de cinq siècles que l’on découvre à Joigny. Photo Philippe SAUTER

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *